Ouais je sais ça fait 4 mois que j'ai pas approché ce blog, 4 mois de spams (vous me direz y'en avait que 355 hein !), et 4 mois de lecteurs frustrés ! Quoi ? Tous le monde s'en fout de mon blog ! Tu parles je suis sur que le taux de suicide à doublé pendant mon absence ! Nan ? Ma connerie qui a doublé ? VTFF !
Sorry je me débattais avec ma conscience !
Donc pourquoi je suis de retour, bah à vrai dire pour pas grand chose, juste pour poster une nouvelle que j'avais écris y'a trèèèès longtemps, à peu près un an ... ouais ça date. Enfin je vous laisse lire et juger. Sur ceux je vais réfléchir à un vrai article ^^
Ceci sera probablement la dernière chose que j’écrirais jamais, les locaux étaient fouillés, les documents trouvés, et ce n’est plus qu’une question d’heures avant que la police n’arrive, ne m’enferme dans un de leurs sacs et que je ne disparaisse de ce pays, de ce monde, à tout jamais. De moins pour les autres. Plutôt que laisser tout se perdre dans le néant de l’oblitération de la pensé, je laisse cette trace, en espérant qu’un jour, un lecteur le retrouvera et que ce jour, le monde soit meilleur, que ce que je raconte ne soit plus qu’une page sombre dans l’Histoire du monde. Donc je vais m’adresser au lecteur, toi qui me lis, ne ressent pas de tristesse pour moi, ne te dis pas que j’ai été mal loti, dis-toi que j’ai fait ce qui était juste, que j’ai rempli ma vie et que j’accueille la mort avec bénédiction.
Commençons les présentations, enfin la présentation ! Puisque c’est évident je ne saurais jamais qui tu es toi qui tiens ce morceau de papier. Je m’appelle Marc Lovly, je suis né en 1990 au Pays de Galles, à côté de Cardiff, d’une mère française et d’un père gallois. Je n’ai pas beaucoup connu les Pays de Galles, nous sommes allés en France quand j’avais 5 ans, ma mère avait réussi à obtenir un emploi là-bas et mon père adorait ce pays. Mes parents étaient des communistes acharnés, malgré leur situation de cadres dans une grande entreprise pétrolière. Ils savaient que si le monde ne changeait pas vite, l’humanité courrait dans le mur « en se marrant » comme disait ma mère. Papa était un homme heureux, il souriait en permanence, je ne l’ai jamais vu perdre un petit sourire moqueur, même quand la Police est venu l’arrêter peu après la Chute, il était très impulsif, peut-être pour cela que mes parents furent parmi les premiers à être arrêtés. Ma mère, elle était plus réfléchie, il fallait toujours qu’elle réfléchisse bien avant d’agir, cela causait de nombreuses disputes dans le couple mais malgré tout ils s’aimaient et se respectaient.
Nous vivions près de Marseille, dans un mas dont ma mère a hérité de ses propres parents, cette maison était tout simplement idyllique, je l’idéalise peut-être maintenant que ma vie arrive à son terme, mais je ne parviens à me souvenir que du petit ruisseau qui coulait au fond du terrain, des oliviers et des cigales qui crissaient tout l’été. Il est clair que ce fut ici que je passais certaines de mes meilleures années. J’ai fait toute ma scolarité à Marseille, de la maternelle au lycée. J’aime cette ville, bien plus que Cardiff, ma ville natale après tout.
Je me souviens encore du 11 septembre 2001. Le jour où le monde est rentré dans le « mur » que ma mère évoquait sans cesse, enfin c’est plutôt le mur qui est venu au monde. Je rentrais du collège, j’étais en 6eme ou 5eme à l’époque, la première chose que je vis c’était mon père, rivé devant l’écran sur France 3. Il regardait ce qui me parut être un film catastrophe, genre Tour Infernale, vachement bien fait au demeurant. Mon père ne remarqua pas ma présence dans la pièce, je posai mes affaires (le sac de 10kg réglementaire pour les collégiens) et me plaçai à côté de lui sur le sofa. Le film continuait à la télé, je voyais les deux tours jumelles du World Trade Center brûler, j’allai me risquer à demander de qui était le film quand on repassa les images de l’attentat en lui-même. Cette image des avions frappant les tours resta gravée dans mon esprit, même aujourd’hui lorsque je revois les images dans les reportages de propagande je ressens un bref frisson. La présentatrice déclara alors que la tour nord avait commencé à s’effondrer, je compris que c’était bel et bien du direct. Je vivais tout simplement le début de la nouvelle Guerre Froide, voir la nouvelle Guerre Mondiale. Papa et moi n’avions pas échangé un mot durant tout le reportage et quand ma mère arriva ils se regardèrent immédiatement.
Tout le monde connaît le bilan des attentats du 11 septembre. Le World Trade Center rasé, 3000 morts, le pentagone attaqué, 100 morts, la Maison Blanche vaporisée, QUE 50 mort, mais parmi eux l’homme le plus important du monde et son vice-président.
Les années qui suivirent marquèrent le début du changement du Monde, cela ne touchait pas encore la France, mais suite à la mort du Président, les Etats-Unis traversèrent la plus grande période de crise de leur histoire, je ne suis même pas sur que 20 ans plus tard ils en soient encore sortis. Bien sûr la crise était politique. Sans Président, ni vice-président, la succession allait au poste le plus haut restant de la hiérarchie, comme l’avion avait frappé un jour où tout les ministres étaient réunis dans le bureau ovale, il ne restait plus que le président de la Chambre assez haut placé pour prendre les rennes du pays. Cet homme, Mike Cannon, fut celui qui fit s’éteindre la plus grande démocratie du monde. Une semaine après les attentats, il fit déclarer la loi martiale et ce fut la fin de la République. Depuis il n’a pas quitté les rennes de la dictature, renommé « Etats Fédérés d’Amérique » depuis l’annexion du Canada et de toute l’Amérique centrale.
La France était relativement à l’abri des troubles américains. Bien sûr la chute de la démocratie s’accompagna de celle de l’économie, ce qui plongea le monde dans la récession et dans la crise. Heureusement la France arriva à s’en sortir quasiment indemne (avec un taux de chômage de moins de 20% en 2002 comparé aux 50% du Royaume-Unis par exemple).
En 2002 pour la première fois les troubles atteignirent le pays, le 21 avril, l’extrême-droite arriva au second tour des élections présidentielles, heureusement par un vote de barrage, les électeurs repoussèrent le démon.
J’avais 16 ans, 2007 donc, lorsque le Président Merquant arriva au pouvoir. A l’époque il apparaissait comme le sauveur, la crise commençait à arriver en France et le pouvoir d’achat baissait de jour en jour, le chômage augmentait. Avec ses belles promesses, son parti, l parti travailliste, arriva au pouvoir dès le premier tour avec 65% des votes.
Mes parents m’avouèrent quelques années plus tard avoir voté pour lui. J’avoue qu’à l’époque j’aurais fait de même. Mais la politique ne me concernait pas. Je venais d’entrer au lycée et je traversais la mauvaise phase de mon adolescence. Ce n’est qu’un an plus tard que je commençais à m’investir politiquement, avec ma bande d’ami, parmi eux ma future femme, Madeleine. C’était une jolie fille : imaginez une masse de cheveux aux reflets cuivrés, ni tout à fait bruns ni tout à fait roux, avec la peau semée de taches de rousseur et les yeux noisette qui, généralement, complètent le tableau. La Police me l’a prise il y a quelques années.
Notre relation ne commença bien sûr pas en 2007, ni en 2008. Au début nous étions amis, très proches, je m’étais déjà intéressé à elle mais elle m’avait repoussé. Je ne lui en tenais pas rigueur, je ne suis pas comme ça, nous étions jeunes et la vie nous souriait. Je finis le lycée en 2009. Un bac L en poche, spécialité cinéma, je commençais mes études de cinéma. J’enchainais les aventures, les fêtes, les travails, j’avais de la chance que mes parents soient haut placés chez Total pour que je trouve n’importe quel type de boulots et la crise ne me concernait que très peu. Je n’avais bien sur pas perdu contact avec mes amis du lycée. On se voyait le plus souvent possible et je dois avouer que je n’avais pas trouvé d’aussi bons amis à la FAC.
Je me souviens d’une conversation autour d’un verre que j’ai eu avec mon ami homosexuel, Guillem, ça devait être en 2012, un truc comme ça. Les premières lois anti-homosexuelles étaient passées et il envisageait de quitter le pays. En buvant sa bière il me disait : « Ecoute moi Marc, ce pays file un mauvais coton. Tu te souviens ce film ? De 2006, V pour Vendetta, nous l’adorions avec Christian et toi.
- Bien sur que je m’en souviens, j’ai passé mon bac dessus !
- Tu te souviens de ce qu’ils faisaient aux homosexuels ? Puis aux dissidents ?
- Bah oui … tu veux me dire quoi là ?
- Que ce pays devient pareil, il y a quelque chose de malsain chez Merquant et tu le sais.
- Bien sur que je le sais !
- Alors tu sais ce qu’il arrivera après.
- Oui, le peuple ne le réélira pas !
- Le peuples a peur, merci les médias, à les entendre on croirait que c’est le 11 septembre tous les jours. En mai le peuple va le réélire et ce sera la fin de beaucoup de choses.
- Alors à nous de veiller à ce que ça n’arrive pas.
- Plus facile à dire qu’à faire mon vieux. Tu as remarqué à quel point l’opposition … ne s’oppose pas beaucoup ? »
Je réfléchissais à ce qu’il me disait un instant, un ange passa. Guillem pris un fusil et l’abattu : « Au diable ce pays. Tu sais que je ne l’ai jamais porté dans mon cœur. Bizarre tu semble plus l’aimé toi qui es né ailleurs. Je pars Marc. Je laisse ces veaux à leurs abattoirs. Viens avec moi ! Tente ta chance ailleurs.
- Je ne peux pas Guillem. Comme tu l’as dis j’aime ce pays ! Si ce que tu prévois est vrai, nous aurons besoins de toutes les forces disponibles pour combattre !
- J’ai déjà proposé à tout le monde de venir avec moi : Daniel et Gaëlle ont refusé, Alexandra aussi, Madeleine aussi. Je suis le seul à partir.
- Tes arguments pour me convaincre de venir ne sont pas très efficaces mon pote !
- Je sais, mais je renonce à vous convaincre. »
Il se leva, pris son manteau et me dis calmement « j’y vais, bonne chance pour votre combat, je vous recontacterai. »
Il nous contacta en effet tous les mois pendant les 10 prochaines années, au fil du temps il devint plus ou moins notre contact à l’étranger. Il ne cessa de nous aider.
Guillem partit la veille des élections. Nous étions tous à l’aéroport pour lui dire adieu. Ce fut émouvant, tout le monde avait plus ou moins les larmes aux yeux. Lorsqu’il entra dans le couloir le menant à l’avion j’eu la soudaine impression que je devrais le suivre, que nous devrions tous le suivre.
Nous profitâmes quand même de ce triste moment pour nous réunir tous dans l’appartement de Christian et Gaëlle, le seul couple qui a tenu depuis l’époque du lycée. Ils étaient fiancés depuis peu et apparemment très heureux, pour changer. Nous étions tous dans le petit salon, sur le canapé, sur les fauteuils (que Gaëlle traine depuis qu’elle est partie de chez elle, ils en ont vu des cuites, des discussions animés, des tristesses), par terre. La table pleine de boissons (plus ou moins alcoolisées). Un silence régnait depuis notre retour de l’aéroport. Roberto, notre ami qui a l’apparence et l’esprit d’un ours bourru mais qui n’est qu’un petit nounours à la guimauve au fond, fut le premier à rompre le silence : « Bon hey il est pas mort non plus, on devrait le revoir ! On va le revoir !
- Il a pas tord, rajouta Alexandra, son air rêveur n’ayant pas quitté ses grands yeux vert depuis que je la connais.
- Je pense qu’il est plus en sécurité là où il est que nous d’ailleurs, dit Christian en enfonçant le clou.
- Mouais, grommelais-je, j’vais mettre de la musique pour chauffer un peu l’ambiance ».
Je me levais alluma l’ordi de Christian, un mac bien sur, ses études de graphiste lui obligeant d’en posséder un. Et lança la musique au hasard. The Passenger d’Iggy Pop, tiens ça faisait longtemps que je ne l’avais pas entendu.
Ce soir là j’avais bu plus que de raison et j’ai eu le malheur (ou le bonheur) de dormir dans la même chambre que Madeleine. Elle avait aussi un peu abusé sur la bibine du coup ça n’a pas tardé à dérivé. Ce soir là nous avons appliqué à la lettre l’expression tirer d’un mal un bien. Six mois plus tard je me mariais avec et je dus déménager sur Paris pour trouver du boulot et qu’elle puisse continuer ses études vétérinaires.
Guillem avait vu juste. Merquant fut réélus avec 70 % des votes. Pendant les premiers mois rien ne différencia son second mandat de son premier. Lois sécuritaires, économique censée remonter la France. Mais nous voyons tous les jours le pays s’enfoncer de plus en plus dans la misère. Certains cadres dormaient sous les ponts et même nous, avec notre salaire de monteur chez France Télévision et de vétérinaire au zoo de Vincennes, avions du mal à joindre les deux bouts. Madeleine avait décidé de ne pas avoir d’enfant, c’est heureux parce que nous n’aurions pas pu nous en occuper convenablement.
Donc tout se passa plus ou moins convenablement jusqu'au 12 décembre 2012, date de l’attentat de Châtelet. Date où l’ex de Madeleine, Daniel, trouva la mort. Ils s’étaient rencontrés au lycée, elle venait de me dire non et elle lui dit oui. Je ne lui en ai jamais voulue, j’appréciais Daniel, c’était quelqu’un de bien et ils sont toujours restés en bon terme. Il bossait lui aussi dans le cinéma et il nous était arrivé de collaborer. Ce matin là il était dans le métro 14 pour aller à la gare de Lyon, descendre sur Marseille. Quand le métro est passé à Châtelet 15 charges explosives ont sauté en même temps faisant s’écrouler les Halles, et toute la station. 200 morts, 1000 blessés, 50 disparus. L’enquête révéla que les charges étaient réglées pour exploser quand tous les quais de toutes les stations étaient occupés par un métro ou un RER, maximisant ainsi les victimes.
J’entendis retentir l’explosion jusqu’aux locaux de ma chaine et le nuage de fumé devait se voir jusqu’à Melun. Les sirènes raisonnaient dans toute la ville et les bureaux de la rédaction étaient en effervescences. Cette fois-ci ce n’est pas devant l’écran que je vivais un moment historique, c’était derrière. Par réflexe, j’appelais Madeleine. Elle était en sécurité à Vincennes, je lui dis de ne pas bouger et de rester dans le zoo. Elle me fit promettre de même.
Les jours suivant furent difficiles pour tout Parisiens. La ville était paralysée (évidemment avoir frappé la plus grosse station de métro de Paris était un coup de maître), ce qui paralysa le pays et quasiment l’Europe entière. Le Président avait décidé dans la foulé de déclarer l’état d’urgence et de dissoudre l’Assemblée. Personne ne s’était rendu compte de ce qui c’était passé mais c’était bel et bien la fin de la démocratie en France. Ce jour restera marqué comme celui de la Chute.
Guillem m’appela quelques mois après l’attentat, quand plusieurs pays d’Europe avaient suivi le même exemple que la France et que l’Union se désolidarisait. Madeleine était partie au travail, quant à moi je travaillais à la maison sur le dernier reportage sur « les menaces terroristes », les terroristes étant ici les communistes, dur pour un fils de communistes, lui-même sympathisant. « Salut Marc ! Comment va ta dictature ?
- ah ah, très drôle ! Vas-y dis le que tu avais raison !
- J’avais raison.
- Merci.
- De rien c’est mon plaisir.
- Bon tu m’appelles pour quoi ? Me rappeler ce que c’est la liberté ?
- Nan pour te donner envie de la retrouver.
- Hein ?
- Ta ligne est sécurisée ?
- Oui elle a été installée par ma chaine …. ‘s’ont probablement pas envie que leurs secrets soient interceptés par la concurrence.
- Je t’ai jamais dis pour où je partais ?
- Nan mais je sens que ça ne devrait pas tarder.
- Je ne te dirais pas où je suis, mais ce que je fais là où je suis.
- Oula je comprends rien !
- Il y a dix ans l’ONU a été dissoute, enfin soi-disant déplacée. J’ai été recruté pour à la base aider à la libération des Etats-Unis. Mais aujourd’hui c’est une bonne moitié du monde hier libre qui est sous le joug d’un dictateur. Je t’ai contacté pour te demander de former un noyau de résistance contre Merquant, lâcha-t-il d’un trait »
Encore une fois un silence s’installa, un long silence. Que encore une fois Guillem rompa « Ca te laisse songeur à ce que je vois, il rit de bon cœur et continua, écoute je te demande ça parce que je sais que tu as des contactes, tu pourrais faire circuler des messages dans tes reportages, tes parents étaient haut placés chez Total et tu peux toujours leur demander de l’aide. De plus tous nos amis seront je pense enthousiasmes.
- Pas Roberto …
- Roberto ne s’implique jamais, mais il faudra bien.
- Si je refuse ?
- Tu me décevras … ainsi que ta femme.
- Quoi ma femme ?
- Elle est déjà au courant, je l’ai appelée y’a un mois déjà et nous en avions parlé avant mon départ.
- Pardon ! » j’étais abasourdi. Que Madeleine m’ait caché ça … c’était difficile à avaler
« Oui je sais c’est dur à avaler
.
- Je me disais ça à l’instant.
- Je sais.
- Tu sais trop de truc pour que tu sois honnête.
- Je suis honnête.
- Je dois réfléchir, on ne résiste pas comme ça à Merquant.
- Je comprends, je te rappellerais … prend la bonne décision Marc.
- C’est ça » je raccrochais et m’assis dans le fauteuil, attendant l’arrivé de Madeleine.
Bien sûr après une dispute assez mémorable nous sommes arrivés à la conclusion que nous devrions le faire. C’est ainsi que naquît le MCF, Mouvement de Contestation Française.
Dans la foulé, mes parents qui avaient déjà commencé à ouvrir le ton furent arrêtés. Cet événement fut le moteur de la création du MCF. En gros le mouvement fut bâti en mémoire de mes parents. Au lieu de m’accabler leur disparition me lança à fond dans le combat et nous permit de nous installer jusqu’en 2020 dans la clandestinité la plus totale.
Nos locaux n’étaient pas cachés, bien au contraire ! Ils étaient adjacents à ceux du Parti des Travailleurs et notre couverture était que nous fabriquions des tracts … pour ceux que nous avions juré de combattre. Tout le monde avait rejoint Madeleine et moi : Christian et Gaëlle, Alexandra, Marie (une communiste que je connaissais depuis le Lycée), même Roberto. Chaque jour de nouveaux membres apparurent de nulle part, probablement mis au courant par l’organisation de Guillem. Ce dernier nous avait mis au courant de la situation. Son organisation avait réussi à récolter des preuves comme quoi toutes les dictatures de la planète étaient en fait que des ramifications de … la dictature des States. Tous les partis étaient sous le contrôle du parti de Mark Cannon. Que ce soit le Parti des Travailleurs Français, ou un parti carrément nommé PDE, Parti de la Dictature Eclairée, ça devait être quelque part en Afrique. Son organisation tentait dans tous les pays de monter des mouvements de résistances. Le Français était le plus florissant pour l’instant.
Vite il faut que j’accélère, j’entends les sirènes au loin, probablement pour moi. Je n’ai plus beaucoup de temps.
Jusqu’au jour où quelqu’un trahît. Le 19 novembre 2020, cela faisait 7 ans que nous étions en activité et que la sédition allait bon train. Nous ne sûmes jamais qui, mais le fait était que nos locaux furent fouillés, les personnes présentes arrêtées, puis probablement exécutées… incluant Madeleine, Roberto et Marie. Ce fut le pire moment de ma vie. Ma femme et deux de mes amis les plus proches probablement morts. Je fuyais alors avec Christian et Gaëlle en direction de la frontière Suisse, instructions que m’avait données Guillem en cas de problèmes.
Nous nous arrêtâmes dans une auberge à une trentaine de kilomètres du col qui marquait la frontière. Dans cette auberge peu peuplée un homme louche ne cessait de nous regarder.
Pendant que j’étais parti marcher sous la lune en souvenir de Madeleine qui adorait faire ça, mes deux amis furent assassinés dans leur sommeils, une balle entres les deux yeux, du propre. L’assassin du croire que je les avais abandonnés du coup lorsque je rentrai dans la chambre il n’y avait plus que leur cadavre. Je pris mes affaires et vola les clés de la voiture de la patronne. Une vieille 106, en état assez déplorable, aux alentours d’une petite station je m’en débarrassais au profit d’une voiture plus récente. Au dernier embranchement avant le col j’hésitais, les autorités devraient savoir que je tentais de me diriger vers la Suisse, dernier état neutre, ils avaient sûrement mis un barrage. Je bifurquais alors vers Grenoble.
Là je m’installais dans le même appartement où je vis, et où j’attends la mort. Je ne sais comment ils m’ont retrouvé, mais je sais qu’ils arrivent. Voilà c’est la fin de ce texte, la fin de mon histoire. En espérant que celui qui le trouve vive dans un monde meilleur, que Merquant & Cannon soient un vieux souvenir, un mauvais souvenir, et qu’on apprenne à nos enfants que la MCF était un mouvement de résistance plutôt qu’un mouvement terroriste.
Ils se garent en bas, j’entends les portières claquer … adieux lecteurs !
Rapport n°5854336 de la Police d’Etat :
Ce document a été retrouvé dans l’appartement du sujet 154, dissident connu, conspirateur affilié à la ligue MCF. Il ne doit en aucun cas sortir du domaine du gouvernement et ne doit être connu que par le plus petit nombre.
CONTENU SEDITIEUX EXTRÊME